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Lot 171 : [WAGNER (Richard)]. GAUTIER (Théophile). - Manuscrit autographe
[WAGNER (Richard)]. GAUTIER (Théophile).
Manuscrit autographe signé, Revue des Théâtres. Théâtre Lyrique. Rienzi Opéra en cinq actes de Richard Wagner..., [1869] ; 3 feuillets (13,5 x 10,5 cm.) remplis d'une minuscule Écriture à l'encre bleue, découpés pour l'impression et remontés sur papier vergé ; reliés en un volume in-8, maroquin rouge grain long, encadrement de filets dorés et fleurons d'angles sur les plats, dos lisse orné, cadre intérieur à 4 filets dorés, tranches dorées, étui (Ch. Lano‘ suc. de P. Ruban).
Important article sur Richard Wagner. Compte rendu, paru dans le Journal Officiel du 12 avril 1869, de la première représentation à Paris de Rienzi, le premier Opéra de Wagner (1842), au Théâtre Lyrique, le 6 avril 1869, sous la direction de Jules Pasdeloup. Théophile Gautier fut un des premiers admirateurs français de Richard Wagner. ... «Wagner a le don de passionner la foule, de provoquer des enthousiasmes frénétiques et des passions violentes. [...] Il trouble trop profondément tout le monde musical pour n'être pas un génie, un héros ; [...] il est celui qui apporte la sensation nouvelle ; peut-être un peu trop tôt, mais on sait, dès à présent, qu'il sera le maître souverain et que rien ne peut empêcher son avènement. [...] C'est à Wagner que pen sent comme à un dieu ou comme à un démon tentateur tous les jeunes musiciens cherchant leur voie». Théophile Gautier rappelle quelle fut son émotion lorsqu'il découvrit Wagner à une représentation de Tannhäuser à Wiesbaden en 1857... «Cette musique d'une brusque nouveauté pour nous [...] nous produisit une impression étrange et délicieuse. Nous venions pour la première fois d'entendre de la vraie musique romantique telle que les poètes la conçoivent. [...] Ce qui nous frappa surtout dans la partition du maître germanique c'était l'extrême clarté de cette phrase musicale traduisant la phrase parlée par une mélodie continue sans fioritures, sans ornements superflus, l'orchestre se chargeant du commentaire et soutenant de ses richesses la simplicité du dessin vocal»... Gautier n'a pas compris l'échec de Tannhäuser à Paris en 1861 : «On affubla comme d'une pourpre dérisoire la musique de Wagner de cette plaisanterie "musique de l'avenir".
Le loustic qui l'inventa ne croyait pas dire si juste. En effet son temps est arrivé et la musique de l'avenir est bien près d'être la musique du présent»....
Suit un commentaire détaillé de Rienzi, «premier drame lyrique écrit par Wagner [et qui] révèle déjà un immense talent»... Pour finir, Gautier salue Jules Pasdeloup, et son action à la tête du Théâtre Lyrique, la richesse de la mise en scène, les interprètes et principalement le ténor Montjauze qui chantait le rôle-titre. Après sa signature, Gautier a ajouté : «Collez les morceaux sur un papier on m'a demandé ce feuilleton comme autographe». [Il s'agit probablement de sa fille Judith, wagnérienne passionnée.] Anciennes collections Féli Gautier, puis Daniel Sicklès (II, 343). Exposition Théophile Gautier, BnF (1961, n° 166). Superbe reliure de Lanoë.
















