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Lot 94 : MANUSCRIT. — FONTENAY (Guy de). Traité des quatre vertus principales…
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MANUSCRIT. — FONTENAY (Guy de). Traité des quatre vertus principales dites cardinales précédé d'un discours sur la vertu. [Berry, 15 octobre 1550].
In-folio de 103 ff., manuscrit sur papier d'une belle écriture cursive, en français, avec quelques poèmes en latin. Vélin de réemploi, non rogné (Reliure du XIXe siècle).
PRÉCIEUX MANUSCRIT du poète et humaniste Guy de Fontenay (vers 1486-après 1550), illustré de 2 pages d'armoieries, et de 14 dessins aquarellés à pleine page. Guy de Fontenay était le 17e enfant de Guillaume, l'un des plus jeunes fils de Guy, baron de Fontenay, qui reçut la Tour de Vesvres en partage. Son oncle, Pierre de Fontenay fut évêque de Nevers de 1461 à 1499 ; Guy de Fontenay devint alors homme d'église pour suivre la tradition familiale. Dans la dédicace à Marguerite de Bourbon, l'auteur évoque sa plus importante relation littéraire, le poète Octavien de St-Gelais, évêque d'Angoulême (1494-1502), le fils de sa tante Philiberte de Fontenay et de Pierre de St-Gelais, seigneur de Montlieu.
Bien que son oeuvre la plus importante soit des compilations d'auteurs anciens, Guy de Fontenay était aussi un poète (on remarquera qu'il donne une preuve de sa compétence, en accompagnant ses poèmes latins de la mention de la métrique et du mode). Texte : Au verso du titre, est un poème latin avec sa traduction française (f. 2 verso), puis une dédicace à Marguerite de Bourbon, duchesse de Nevers (1516-1589) (f. 5-6).
Le Traité des quatres vertus principales (f 2-79) est divisé en 5 parties, chacune précédée d'une dédicace à un personnage différent ; chaque partie est confiée à un narrateur, contemporain, personnifiant au mieux selon l'auteur, la vertu dont il est question : I) Traité de vertu, s'ouvrant sur un poème latin et une dédicace en vers français à Henri II, est énoncé par Bordilon, le paranymphe de vertu. Imbert de la Platière, dit Bourdillon, maréchal de France, était le petit-fils de la tante de l'auteur, Marie de Fontenay (ff. 9-31). II) Prudence, précédé d'un poème latin et dédicace en vers français à Antoine de Bourbon, duc de Vendôme (1528-1562), frère de la duchesse de Nevers, est présenté par Ligny, le paranymphe de prudence, peut-être l'écrivain César de Ligny (ff. 32-50v). III) Force, s'ouvrant sur un poème latin et une dédicace en vers français à François de Clèves, duc de Nevers (1516-1568), marié en 1538 à Marguerite de Bourbon, est énoncé par Gyry, le paranymphe de force (ff. 53-65v). IV) Tempérance, s'ouvrant sur un poème latin et dédicace en vers français à Anne de Montmorency, Connétable de France (1493-1567), est énoncé par La Roche Pouzé, le paranymphe de tempérance, probablement Jean de Chasteignier, sieur de la Roche Posay (c.1490-1567), un des officiers du trésor de la couronne (ff. 69-81v). V) Justice, s'ouvrant sur un poème latin et une dédicace en vers français au Parlement de Paris, énoncé par Jean du Tillet ( ?-1587), le paranymphe de justice (ff. 83-100v). Suivent 4 éloges en vers, dont 3 adressés à Guy de Fontenay, signés de Hector de Villepleine, Jean de Marrafin et Guillaume Rapin (ff.101-102). Décoration : À chaque vertu, correspond deux dessins : le paranymphe disant son texte devant le dédicataire, en présence de sa vertu ; et un exemple pris de l'Antiquité ou contemporain.
Les dessins sont rehaussés au lavis d'encre ou à l'aquarelle, dans une tonalité générale mauve, rouge ou bleue ; quelque peu maniéristes, ils semblent avoir subi l'influence italianisante de la première école de Fontainebleau. Ils ont pour sujets : f1 - Les armoiries de Fontenay. f3 - La vertu à trois visages triomphant de la mort ( debout sur un squelette). f4 - Les armoiries de Marguerite de Bourbon. f7 - L'armée des vertus, commandée par Henri II, Anthoine de Bourbon, François de Cléves et Anne de Montmorency défait l'armée des vices (coloriés en gris). f8 - Bourdillon s'exprime devant Henri II, entouré des vertus personnifiées : Temperance, Prudence, Force et Justice. f33 - Henri II saisit l'Occasion par les cheveux, alors que Charles Quint la laisse s'échapper. f34 - Ligny déclame devant Anthoine de Bourbon le texte de la Prudence dont la personnification tient des lunettes. f51 - Anaxararchus torturé sur l'ordre de Nicocréon, tyran de Chypre. f52 - Gyry devant François de Clèves et la Force, tenant une colonne. f66 - Les Muses et les Grâces f67 - Chasteignier devant Anne de Montmorency accompagné de la Tempérance, qui tient une horloge. f68 - Thyas et Soprosyne mettant de l'eau dans leur vin. f82r - La Charité nourrissant au sein un prisonnier. f82v - Sisamnes écorché vif devant ses juges, sa peau clouée au mur. 84 - Du Tillet devant le Parlement de Paris, où siége la Justice tenant son épée (le corps de Du Tillet est en partie effacé). 103v - Un hérault d'armes montre un arbre auquel pendent 12 écus (laissés vides). Provenance : Guy de Fontenay, archidiacre et chanoine de la cathédrale de Nevers, termine son ouvrage dans le château familial de la Tour de Vesvre, prés de Sancerre, le 15 octobre 1550. Rien ne nous permettant d'affirmer que ce manuscrit fut offert à Marguerite de Bourbon, il semble du moins avoir été possédé par un membre de son entourage : le personnage de Du Tillet (f.63) est délibérément maculé, probable réaction après son ralliement au parti des Guise ennemi des Bourbon (il votera la mort de Louis de Condé en 1560).
Les auteurs des quatre poèmes célébrant Fontenay, d'une écriture différente, font partie de son entourage immédiat : Guillaume Rapine était gouverneur du Nivernais depuis 1535 ; et Jean de Marrafin, seigneur de Guerchy, neveu de l'auteur, dont l'un des poèmes accompagnait l'envoi de ce manuscrit à Madame de Rezay, sa cousine, pour être offert à la maîtresse de celle-ci.
Le manuscrit est dans un bon état de conservation.
Les rubriques et la couleur rouge des dessins ont souvent déchargé.
















