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Vente du Lundi 10 décembre 2007
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Lot 29 : Henri BERGSON (1859-1941). 9 L.A.S., Paris 1911-1936, à Édouard Berth
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Henri BERGSON (1859-1941). 9 L.A.S., Paris 1911-1936, à Édouard Berth ; 27 pages in-8 (qqs petites fentes aux plis).
Très intéressante correspondance du philosophe au théoricien du syndicalisme révolutionnaire. 27 avril 1911 : « Il n'y a que trop de vérité dans ce que vous dites de l'état actuel de la démocratie ; mais la question est de savoir si les défauts que vous signalez sont irrémédiables et essentiels, ou s'ils ne tiennent pas simplement à ce que nous n'avons pas su donner à la démocratie l'éducation nécessaire »… Bergson nuance ses propos sur le pragmatisme de William James… 9 juin 1914, sur Les Méfaits des intellectuels : « Puisque vous m'avez fait l'honneur de citer si souvent l'Évolution créatrice, [...] j'emprunte à ce livre le terme “élan” pour caractériser ce que je trouve avant tout dans votre ouvrage, - un élan qui entraîne le lecteur. Parfois, et même souvent, vous allez plus loin, beaucoup plus loin que je n'irais »… 16 juin 1919, à propos du « pragmatisme de la science », il craint un malentendu : « Je n'ai jamais cru que la nature poursuivît, consciemment ou inconsciemment, la beauté. Mais la vie, aperçue dans ses œuvres, dans sa manifestation extérieure, est ce que nous appelons la beauté ; elle est belle par définition. […] L'objet de l'art est d'écarter les conventions qui nous la masquent et qui nous empêchent ordinairement de l'apercevoir »… Il s'explique aussi sur « la survivance »… 7 novembre 1926, il est en désaccord avec Berth sur des points fondamentaux : « je crois à l'avenir de la France, qui a montré pendant la guerre, et même depuis, une si extraordinaire vitalité », et il croit que la bourgeoisie a un rôle à jouer… 2 janvier 1927, sur Georges Sorel : « Avec une pénétration singulière vous avez rétabli la véritable pensée de Sorel ; vous avez extrait ce que j'appellerais la quintessence philosophique de ses Réflexions sur la violence, et vous l'avez présentée sous une forme nette et frappante »… 5 juin 1929, malade depuis cinq ans, il ne peut accepter la présidence d'honneur proposée : « vous savez quelle était mon affection et mon admiration pour Sorel »… 12 février 1933, sur Du “Capital” aux “Réflexions sur la violence”, où il apprécie la place faite à Sorel et à Proudhon. « Vous savez qu'il me serait difficile, en général, d'aller aussi loin que vous et de souscrire à vos conclusions. Mais vos idées m'intéressent toujours, étant celles d'un esprit indépendant, qui ne s'arrête pas à la surface des choses »… 21 mai 1933 : « Ce que je connais de la doctrine de Karl Marx est peu fait pour m'attirer au marxisme. Sans contester la vigueur de cette pensée, je suis surtout frappé de ce qu'elle a de systématique (l'esprit de système n'étant pas, à mes yeux, l'esprit philosophique), et aussi de ce que le marxisme a de matérialiste (quoiqu'on puisse, naturellement, y introduire de la spiritualité, comme vous l'avez fait vous-même dans votre si intéressante analyse) »… 14 janvier 1936, sur la préface de Berth aux articles de Georges Sorel, auquel le liait une sympathie intellectuelle. « Je connais Marx assez mal, n'ayant jamais fait, probablement, l'effort qui eût été nécessaire pour embrasser ses vues dans leur ensemble. Mais jamais non plus je n'ai été poussé de ce côté par une “sympathie intellectuelle” du genre de celle dont je viens de parler. C'est sans doute parce que sa doctrine, très proche de l'hégélianisme, comme vous l'avez montré, est avant tout une construction, et que toute construction philosophique me rend irrémédiablement méfiant. C'est aussi à cause de son matérialisme […]. Mais c'est enfin, et surtout, à cause de son manque de générosité, et de son appel implicite à la haine. Sorel pouvait encourager à la violence, mais non pas à la haine »…
















